La France dans 10 ans (ter)

Un autre penseur singulier, Bruno Latour, vient enrichir l’analyse de Marcel Gauchet sur la crise démocratique et le pessimisme ambiant. Ce qui fait obstacle à la confiance des Français, c’est, dit ce sociologue (Le Monde, 23 septembre 2013), le fonctionnement de l’Etat, « cette grande machine à distiller de la volonté générale, du bien commun ». Pour nombre de Français, explique-t-il, l’Etat est « la sphère à l’intérieur de laquelle tout doit ou peut se régler ». Soit, mais alors il faut équiper les élites politiques et administratives pour qu’elles puissent « expérimenter et produire la volonté générale », et non la présupposer. Autrement dit, explorer les différences entre intérêts particuliers et bien public. « Les instruments de l’Etat sont dérisoires par rapport à ce que les marchés permettent d’apprendre sur de simples marchandises ». Une véritable révolution culturelle, qui nécessite en particulier de mobiliser fortement les sciences sociales et de multiplier les enquêtes. Pour des délibérations productives et des décisions perçues comme légitimes par les citoyens !

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